Ce post arrive tard car j’ai eu la chance d’être été assez entourée dés mon retour à Toulouse. Et je n’avais donc pas trop eu le temps de mettre ces derniers jours à l’écrit.
Je pensais que mes derniers jours à Berlin seraient parmi les meilleurs et que j’en profiterais à fond. Finalement ils n’ont pas été très agréables. Premièrement parce qu’Holger et moi avons eu la bonne idée de se prendre la tête tout juste six jours avant mon départ. Deuxièmement parce que j’ai mis un temps pas possible à faire mes bagages parce que j’ai dû faire un tri dans mes affaires pour arriver à avoir une valise de 20 kg pile poil. Sans exagérer, j’ai dû refaire ma valise 5 ou 6 fois. Enfin, parce que j’ai eu l’impression de faire des adieux interminables alors que justement je déteste ça. Alors que j’en avais aucune envie, j’ai finalement fait une petite bouffe en petit comité à la collocation le dernier soir, et finalement c’étais quand même sympa.
Le jour de mon départ Holger m’a accompagné jusqu'à mon passage à la douane. Et, au moment où je me suis retrouvé avec mon billet d’avion et ma carte d’identité à la main devant le douanier, j’ai craqué et j’ai fondu en larmes avant de faire marche arrière parmi les barrières métalliques, et j’ai finalement atterri une dernière fois dans les bras d’Holger. Larmes séchées et yeux rouges, me revoilà à la douane avec dans mon bagage à main tout ce que j’avais de plus lourds, dont : trois appareils photos, un i-book, une calculette, un i-pod, un téléphone, et les chargeurs/écouteurs/rallonges/câbles de tous ces appareils… Assez suspect pour que l’on me fasse vider mon sac à dos que j’avais mis un temps fou à organiser/ranger pour pouvoir le fermer. Puis retour à Toulouse via Bruxelles. Magnifique couché de soleil en vol.
Alx est venu me chercher à Blagnac, il fait 30° à Toulouse alors que l’après midi même il fessait 18° à Berlin. Temps orageux. Arrivée à l’appart. L’immonde odeur de friture dans la cage d’escalier est identique à celle d’y il a un an. L’appart est rangé et propre, mais après avoir vécu un an en colocation avec des plafonds à 3,5 m, j’avais presque oublié que j’habite dans un 25 m2 sous les toits. Alx m’emmène tout de suite à une soirée chez un ami ou je retrouve quelques vagues connaissances toulousaines. Je n’avais pas trop envie d’y aller, mais je n’avais pas trop envie d’être seule non plus. Très mauvaise première nuit à Toulouse, il fait trop chaud, je suis réveillée vers 5 h et impossible de me rendormir. Vers 6 h, je commence donc à vouloir défaire ma valise et à essayer de me réapproprier mon appartement. Impossible, Alx a laissé des affaires partout!
Deuxième soirée, Kortex et Christelle m’ont invité à dîner chez eux. Je suis crevée, aucune envie de sortir, mais j’accepte l’invitation. Finalement j’ai bien fait, la soirée est sympa. Et je rentre tout pompette avec quelques BD pour me faire oublier quelques heures mon retour.
Troisième soirée Alx me traîne à un bal populaire. Pareil, aucune envie mais j’y vais. Pas terrible, finalement j’aurai pu rester chez moi… Sauf que ça m’a permis de repousser le soir où je me retrouve seule chez moi et que je me dis que c’est dur de rentrer.
Ce soir Alx a failli me convaincre de le suivre à un dîné, aucune envie… Me voilà donc seule ce soir à me dire que c’est dur de rentrer et je prends enfin de mettre tout à l’écrit. Ce soir, j’ai failli me retrouver encore plus seule… si si, une micro-panne d’internet de 10mn ! Oh oh ! je viens de relire ma dernière phrase : geek ou no-life ???
Dans les prochains jours, je risque de faire un petit bilan de cette année à Berlin. Je sais déjà que ça va être dur de me réhabituer à habiter à Toulouse alors que je viens de passer un an à Berlin, dur d’habiter seule dans un 25 m2 alors que j’habitais dans une colocation à 5, dur de retrouver l’école après avoir été Erasmus à la TU de Berlin…
Plus que six jours avant mon retour. Il fait un temps d’automne, de fin de vacances, de rentrée… Donc le moral pas au top non plus.
Je n'aime pas trop les adieux, je n'ai pas trop envie d’organiser quelque chose pour mon départ… Même si tous s’y attendent, j’ai du mal à leur dire que non, il n’y aura pas de fête d’adieux.
Un fait-divers n’est plus un fait divers pour celui qui vit a moins de 200 m du lieu de où se sont déroulés les faits. Il me semble qu’en journalisme, ça s’appelle le « mort kilométrique ».
On as tendance à croire que Neukölln n’as que la réputation d’être un « quartier chaud ». La preuve : nous-même, on y vit !
Résumé des faits: Mercredi dernier, dans ma rue, un homme se voit menacé d’une arme à feu et allégé du contenu de ses poches. Deux rues plus loin l’agresseur est rattrapé par deux policier en civil. À la vue de l’arme à feu, ils tirent. Le voleur reçoit deux balles, une au bras, l’autre à la poitrine.
À la lecture du journal (et aussi au fur et à mesure que l’on m’a expliqué l’article parce ma lecture de l’Allemand est toujours aussi médiocre) voici l’ordre dans lequel j’ai appris les faits et les quelques remarques que je me suis faites:
_ Argh! Un mec s’est fait tuer par balles à deux rues de chez moi!
_Ah! En fait, il s’est fait tirer dessus par des flics. Hum… bavure ?
_ Le mec venait de voler un autre type en le menaçant d’une arme à feu. Waouh, ici, on peut vraiment se faire agresser au coin de la rue, ce n’est pas qu’une légende… Mais en plus c’étais dans la mienne de rue!
_Mais c’étais qu’une arme factice! Si un jour je me fais agresser, je ne sais pas si je me poserais la question de savoir si c’est une vraie arme…
_Oh ! le mec qui est mort n’avait que 22 ans. Merde…
_Et il est mort pour avoir volé : un paquet de clopes, un portefeuille, et un trousseau de clés!
_Les flics ont tiré parce qu’il les a menacés avec son arme factice…
_Un des deux flics avait vécu une situation identique -il a tout juste un an- dans laquelle son collègue est mort. Hum… C’est vrai que même avec un bon entraînement, ils restent des êtres humains avec des peurs.
_Mais pourquoi ils ont tiré dans le torse ?! Le mec était un délinquant mais pas un criminel!
Ce genre de fait divers ça arrive tous les jours et celui-ci m’a choqué parce qu’il a eu lieu quasi devant chez moi. C’est clair que tous les jours il y a des mecs qui meurent peut-être pour moins que ça. Cette histoire m’as un peu secouée, depuis j’ai donc pris le temps d’en parler autour de moi (jusqu'à temps que certains en aient assez d’entendre parler du macchabée du quartier) et que je n’en suis pas restée a ces premières réflexions spontanées. Je comprendrai que certains soient choqués du fait que le sort d’un délinquant semble plus me perturber que celui de sa victime, mais finalement pour moi, ce pauvre type est passé d’agresseur à victime.
Bref maintenant je viens de mettre ça à l’écrit et de vais enfin pouvoir passer à autre chose, genre profiter de la fin de mon séjour à Berlin.
J’ai retrouvé David. David c’étais mon « petit amis » quand j’avais tout juste 17 ans. Aujourd’hui, ça fait 7 ans et quelques jours que l’on ne s’est pas revu. Aujourd’hui, je vais le revoir… dans moins de deux heures. Je ressens quelque chose de bizarre, en peu entre la curiosité et la peur. Je n’ai pas peur de le revoir, lui. J’ai peur qu’en 7 ans, on ai tous les deux tellement changés que l’on n'en apprécie pas le côté amusant/curieux de ces retrouvailles.